EuropaCity : Une enquête démontre une détérioration de la situation des commerces et les effets néfastes du projet sur l’emploi

Une enquête IFOP pour le compte du collectif « Europasdutout » avec le soutien de la Fédération des marchés de France, la Fédération nationale des centres-villes et la Confédération des commerçants de France tire la sonnette d’alarme sur le projet EuropaCity.

Réalisée auprès des commerçants des villes limitrophes au Triangle de Gonesse sur lequel est prévu l’implantation du méga complexe commercial EuropaCity (plus de 500 boutiques réparties sur 400 000 m2), l’enquête démontre non seulement le rejet de ce projet mais fait aussi craindre un tsunami économique sur le commerce existant avec à la clé de nombreuses destructions d’emplois.

Maria Da Silva, référente Ile-de-France de la Fédération nationale des marchés de France et porte-parole du collectif « Europasdutout » déplore :

« La situation du commerce au sein du territoire s’est fortement dégradée ces 10 dernières années et ce sans compter les impacts dévastateurs du mouvement des Gilets Jaunes et de la baisse du pouvoir d’achat des retraités qui ont réduit les achats sur nos marchés. Europacity, qui a vocation a devenir le plus grand centre commercial d’Europe, n’aura qu’une conséquence : la destruction du lien social que représentent nos petits commerces ».

Des impacts négatifs sur l’ensemble des typologies de commerces

61 % des commerçants du territoire ont entendu parler du projet EuropaCity. Aussi, 60 % des commerçants connaissant précisément le projet s’y opposent.

Aucun commerce n’est épargné. Interrogés sur les typologies de commerces qui seraient principalement impactés, c’est l’activité des centres commerciaux que les commerçants craignent de voir compromise (88 %), suivie de près de celle des commerces indépendants ou de centre-ville (respectivement 79 % et 76 %). Seule celle des marchés apparaît moins exposée (47 %).

Kamel Lakal, Président de l’association « Au cœur des commerces d’Aulnay » et porte-parole du collectif « Europasdutout » déclare :

« Plus les commerçants sont informés précisément de la nature du projet Europacity et de sa nature commerciale, plus le rejet est important. Dès lors, on comprend parfaitement la stratégie de communication du groupe Auchan d’occulter complètement les aspects relatifs au commerce pour se concentrer uniquement sur l’offre culturelle et de loisirs. Mais nous ne sommes pas dupes. D’où la nécessité de continuer notre travail de prévention en dénonçant les effets néfastes d’EuropaCity sur les emplois existants car le groupe Auchan et son investisseur Wanda n’auront jamais l’honnêteté intellectuelle d’avouer que leur projet est mortifère pour les villes limitrophes ».

EuropaCity : des licenciements et des cessations d’activité à prévoir

Dans le détail, les conséquences sur le commerce existant sont nombreuses. Et toutes font craindre un plan social à l’échelle du territoire.

Plus précisément, ceux qui présagent des conséquences négatives sur leur activité craignent essentiellement une diminution de leur chiffre d’affaires (77 % citent cette répercussion en premier et 92 % au total), voire la nécessité de devoir cesser leur activité et ainsi perdre leur emploi (34 % de l’ensemble des citations) ou bien de licencier leurs salariés (25 %). 16 % des commerçants indiquent qu’ils vont devoir délocaliser leur activité pour survivre.

 

Conséquences d’EuropaCity sur le commerce existant 

 

Ces craintes viennent ainsi corréler l’étude Mc Kinsey (commandée par la collectivité Paris Terres d’envol) qui anticipe une captation de 75 % du chiffre d’affaires (soit 340 millions) et la suppression de 8 000 postes de commerçants dans un périmètre de 20 kilomètres autour d’EuropaCity. 

Dans le détail, les retombées positives apparaissent peu évidentes voire inexistantes. Seuls 46 % des commerçants estiment qu’EuropaCity aura un impact positif dans les domaines que sont le tourisme (46 %) et la qualité de vie (36 %). En revanche, c’est un impact largement négatif que les commerçants entrevoient en matière de circulation (78 % dont « 53 % de « très négatif »), d’environnement (76 %) et de commerces (62 %).

 

Conséquences d’EuropaCity au niveau local

A la recherche d’un projet alternatif

Parmi les solutions alternatives possibles pour dynamiser le Triangle de Gonesse, les projets relatifs à l’agriculture, l’habitat et l’éducation / formation ont la préférence des commerçants. La culture, qui est pourtant mise en avant par les promoteurs d’EuropaCity, arrive en avant dernière position.

 

Classement des projets alternatifs souhaités par les commerçants

 

Une nécessité de retrouver de la cohérence et d’élargir la décision politique à l’échelle du territoire

Au regard des nombreux projets qui sont à l’œuvre sur le territoire du Grand Roissy (EuropaCity, la ligne ferroviaire CDG Express, la ligne de métro 17, des infrastructures olympiques, le Terminal 4 de Roissy-CDG),  72 % des commerçants ayant connaissance du projet déclarent nécessaire la mise en place d’un débat public à la fois sur chacun de ces projets et sur la cohérence de l’ensemble de ces projets envisagés sur ce territoire.

Seuls 21 % des commerçants estiment que les décisions politiques relatives à ces projets doivent se limiter à leur territoire d’implantation. Aux yeux de 30 % d’entre eux, il conviendrait d’élargir le périmètre d’arbitrage aux territoires limitrophes et potentiellement impactés. Un tiers (32 %) élargirait même ce périmètre à l’échelle de la région et 17 % au niveau national.

FOCUS SUR L’ETAT DU COMMERCE

Une dégradation de la santé des commerces au niveau local et de fortes inquiétudes pour l’avenir

 Seul un quart des commerçants interrogés juge « très » ou « plutôt » bonne la situation des commerces dans leur commune, la plupart (47 %) l’estimant tout juste acceptable et 28 % mauvaise. Les commerçants des villes de Villiers-le-Bel et Drancy rencontrent plus de difficultés économiques, déclarant respectivement la situation mauvaise à 38 % et 42 %.

Pour la majorité des commerçants (57 %), la situation globale des commerces se serait même détériorée au cours des 10 dernières années (notamment sur les marchés : 69 %) quand seuls 15 % ont observé une amélioration. La situation s’est plus fortement dégradée dans les villes d’Arnouville (70 %), Le Bourget / Dugny (71 %) et Drancy (73 %).

Et peu sont ceux qui entrevoient un avenir réjouissant à l’horizon 2030 : à peine plus d’un quart (28 %) s’attend à une amélioration de la situation des commerces tandis que la moitié anticipe une détérioration (51 %). Cette tendance pessimiste apparaît plus affirmée auprès de certaines catégories de commerçants : ceux des marchés (61 %), les plus anciens (64 % pour les commerces de plus de 15 ans) mais aussi et surtout les commerçants qui ont entendu parler du projet EuropaCity (55 % vs 44 % pour les autres).

 

Méthodologie :

  • Enquête réalisée par l’IFOP auprès d’un échantillon de 619 responsables ou gérants de commerces de la zone d’impact du projet EuropaCity. Les interviews ont été réalisées en face à face, sur tablette, du 19 au 27 février 2019. Cette enquête a été réalisée pour le compte du collectif « Europasdutout » avec le soutien de la Fédération des marchés de France, la Fédération nationale des centres-villes et la Confédération des commerçants de France.
  • Villes concernées par l’enquête : Aulnay, Tremblay, Drancy, La Courneuve, Le Bourget, Dugny, Villepinte, Sevran, Gonesse Roissy, Arnouville, Villiers-le-Bel, Garges-les-Gonessse
  • Typologies commerçants interrogés : 386 de centre-ville, 104 de Marché, 129 de centre-commercial.

 

2019-04-11T16:00:02+00:00 11 avril 2019|Communiqués de presse|